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ALEX BLOC

(1979)

C’est un parcours à travers matières et techniques qu' Alex Bloc a patiemment mené depuis ses débuts il y a une vingtaine d’années.

 

En est issue une œuvre prolifique d’où émerge sa fascination pour le motif géométrique. Cette pratique s’inscrit dans une ambition déjà vieille d’un siècle, qu’il s’agisse de celle de l’op' art – l’art optique – bien sûr, mais aussi, plus largement, du constructivisme, du minimalisme, du mouvement De Stjil ou encore du néoplasticisme et du brutalisme.

La grille, l’oblique, la diagonale perpétuent cette peinture « créatrice d’espace-temps » cher au maître du mouvement De Stjil, Theo Van Doesburg dont Alex Bloc admire depuis son plus jeune âge l’aménagement de la salle de l’Aubette (1928) à Strasbourg.

 

Découvrant par la suite Vasarely, François Morellet, Daniel Buren, Georges Rousse, et le concept japonais du Wabi-Sabi, il dévie rapidement de la scène graffiti qu’il fréquente assidûment au début du siècle pour se concentrer sur un travail sur toiles et des installations en galerie, sans délaisser l’intervention sur des lieux préexistants.

Intégrant l’outil numérique à ses recherches et ses explorations des formes et des rendus, il façonne les matières, métal, bois, papier, toile, acrylique, aérosol, encre, sable, béton, il appréhende et associe chaque matière comme une nouvelle source d’inspiration, luttant ou s’accommodant de ses contraintes. En retravaillant à la main, en redécoupant et réassemblant les éléments produits, il façonne alors un concept millimétré en une juxtaposition d’essais et de tentatives jusqu’à obtenir l’idée qu’il poursuit comme celle, récurrente, de faire ressortir d’une surface plane une 3e dimension.

Soit très concrètement en créant un bas- relief soit par illusion d’optique.

Pour ses œuvres in situ, dans des lieux qui ont préexisté à son intervention, Alex Bloc respecte les grandes règles de l’installation qu’elle soit éphémère ou non : la prise en compte de l’environnement immédiat, de l’espace, de l’histoire du lieu afin de créer un dialogue entre le contexte, le travail lui- même (comme dirait Daniel Buren) et le spectateur, celui qui porte son regard sur le nouvel ensemble.

Jouer sur les perspectives, les lignes de fuite, les codes visuels et la perception devient le moyen ultime d’agencer une forme de poésie visuelle, abstraite et purement graphique. Au-delà de la signature, c’est un geste qui se démultiplie, intègre la recherche et l’aléa dans le travail pour fournir une œuvre singulière et reconnaissable entre toutes.

Au caractère technologique de son processus de création, répondent les influences de la nature, de sa beauté changeante et insaisissable. À l’incroyable diversité des lumières sur l’océan, la montagne et même sur quelques édifices que d’aucuns jugeraient dérisoires et sans intérêt, Alex Bloc propose un ordre apparent mais fragile à l’aide de ses formes rectilignes, mais toujours modifié par l’irrégularité d’un matériau, sa résistance au processus de production ou le simple tremblement de sa propre main.

© Thomas Lang

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